F4 – Clermont ISFF https://clermont-filmfest.org Festival du court métrage de Clermont-Ferrand | 31 Janv. > 8 Fév. 2025 Mon, 20 Feb 2023 09:26:57 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.5.7 https://clermont-filmfest.org/wp-content/uploads/2017/10/lutin-sqp-1-300x275.png F4 – Clermont ISFF https://clermont-filmfest.org 32 32 Café court – Camille Authouart https://clermont-filmfest.org/cafe-court-camille-authouart/ Mon, 13 Feb 2023 09:08:22 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=59793 Découvrez l’interview de la cinéaste française Camille Authouart à propos de son court métrage La Grande Arche présenté dans la compétition nationale 2023 (programme F4).

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Café court – Iris Chassaigne https://clermont-filmfest.org/cafe-court-iris-chassaigne/ Thu, 02 Feb 2023 18:04:17 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=59427 Découvrez l’interview de la cinéaste française Iris Chassaigne à propos de son court métrage Swan dans le centre présenté dans la compétition nationale 2023 (programme F4).

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Café court – Xavier Debeir Lacaille https://clermont-filmfest.org/cafe-court-xavier-debeir-lacaille/ Mon, 30 Jan 2023 12:14:58 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=58956 Découvrez l’interview du cinéaste français Xavier Debeir Lacaille à propos de son court métrage Un dernier été présenté dans la compétition nationale 2023 (programme F4).

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Dernier verre avec I Kemi Varros Baballarët (On a enterré nos pères) https://clermont-filmfest.org/i-kemi-varros-baballaret/ Fri, 20 Jan 2023 23:00:00 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=58023 Entretien avec Hekuran Isufi, réalisateur de I Kemi Varros Baballarët (On a enterré nos pères) 

I Kemi Varros Baballarët aborde le retour au Kosovo de Dardan, venu de France pour se recueillir sur la tombe de son père. Qu’avez-vous eu envie d’explorer à travers ce film qui aborde la question de l’exil et du deuil ? 
Le film parle d’un pays marqué encore par son passé, par la guerre, et ce passé qui pèse sur cette jeune génération qui n’a pas vécu la guerre en tant que telle mais a vécu ses conséquences. Entre ceux et celles qui sont partis et veulent revenir et les autres qui sont restés mais veulent partir. 

Quelles directions avez-vous donné à l’acteur qui interprète Dardan ? 
C’est assez surprenant mais la direction des comédiens fut simple, que ce soit pour les acteurs principaux ou bien ma famille qui est présente dans la première séquence, tout le monde savait jouer ! Il y a juste eu un gros travail en amont pour familiariser Don, l’acteur qui interprète Dardan, avec ma famille. 

Comment s’est passé le tournage, au Kosovo ? 
Il faisait froid, très froid, mais la convivialité des acteurs et de ma famille, et la bonne humeur de l’équipe apportaient la chaleur nécessaire sur le tournage. 

Vous êtes un élève de l’école de cinéma CinéFabrique. Quel rôle a joué cette école dans la réalisation de ce film ? 
L’école m’a permis et surtout m’a laissé faire le film que je voulais, sans aucune concession. 

Quel est votre court métrage de référence ? 
Pour ce film, Little Odessa de James Gray et le court métrage The Van d’Erenik Beqiri que j’ai vu au festival de Clermont il y a maintenant 4 ans. 

Que représente pour vous le festival de Clermont-Ferrand ? 
C’est un rêve ! Grâce à la Cinéfabrique, on a eu l’opportunité de venir au festival trois années de suite, de voir une centaine de courts métrages et de rêver d’être pris un jour dans ce même festival. 

Pour voir I Kemi Varros Baballarët (On a enterré nos pères), rendez-vous au séance de la compétition nationale F4.  

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Café court – Marin Gérard https://clermont-filmfest.org/cafe-court-marin-gerard/ Fri, 04 Feb 2022 13:00:00 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=50331 Découvrez l’interview du cinéaste français Marin Gérard à propos de son court métrage À l’ombre l’après-midi présenté dans la compétition nationale 2022 (programme F4).

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Breakfast avec Cataracte https://clermont-filmfest.org/cataracte/ Thu, 03 Feb 2022 08:00:00 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=48955 Entretien avec Faustine Crespy et Laetitia de Montalembert, coréalisatrices de Cataracte

 Qu’est-ce qui vous a poussé à créer le personnage de Nicky ? Est-il basé sur une personne de votre connaissance ?
Pour écrire Cataracte, nous nous sommes inspirées de deux personnes de notre entourage, très courageuses et d’un certain âge, sans connaissance informatique, qui ont subi pendant des années des entretiens impersonnels et des contrôles intrusifs à domicile. Ces deux amis ont perdu leurs allocations, ou le seul lien qui les protégeait de la rue. À travers le portrait de Nicky nous avons ainsi voulu nous questionner sur les conséquences des rouages administratifs de notre système social sur le quotidien des personnes les plus isolées. 

Comment s’est déroulé le tournage ? (Je pense à Izy…)
Cataracte est un film que nous avons souhaité tourner directement après l’aboutissement du scénario, dans l’énergie de l’écriture, sans passer par les modes de financement classiques du court métrage qui peuvent parfois être longs. C’est donc un film réalisé avec un très petit budget et une équipe réduite : il n’y avait donc pas de dresseur de chien. Izy (de son vrai nom Crapote) est une chienne très âgée qu’on a repérée dans la rue. On a couru après sa maitresse qui nous l’a gentiment confiée. Les tournages avec des animaux peuvent devenir très compliqués, on a eu beaucoup de chance avec Crapote, elle a été très docile et calme. Elle suivait le point lumineux d’un laser, on pouvait l’amener où on voulait pendant les prises, sans faire de bruit ! 

Qu’aviez-vous cherché à explorer au travers de la relation entre Nicky et Jacques ? 
L’idée principale de la relation entre Nicky et Jacques est d’ouvrir sur la nécessité d’un dialogue entre le système et les exclus et de mettre en avant l’importance de maintenir ou de créer du lien social. Le personnage de Jacques évolue dans le film : il incarne d’abord l’employé parfait, à la recherche d’ « indus » pour basculer vers un dialogue plus humain avec une femme qu’il apprend à connaître. On comprend que Jacques est lui aussi victime d’un système. Le seul acte de solidarité ou d’humanité qu’il peut effectuer face à la prise de conscience d’une telle situation est de garder le chien de Nicky. Aussi, le quiproquo qui s’installe entre Jacques et Nicky et dont le spectateur est complice est une situation incongrue, qui permet de traiter avec humour un sujet difficile. L’humour est à notre sens le meilleur prisme pour aborder des sujets graves en faisant prendre une distance nécessaire au spectateur, pour mieux appréhender la réalité dans laquelle il vit.

Comment s’est effectuée la collaboration entre vous ?
Nous nous sommes rencontrées en première année à l’INSAS à Bruxelles. En plus de notre amitié nous avons un lien artistique fort depuis longtemps, nourri par des références et des envies communes, ce qui est nécessaire pour qu’une première coréalisation se passe bien ! Sur le tournage nous avons essayé de nous répartir les rôles, l’une étant plus avec les acteurs et l’autre à l’image, mais nous avons pris les décisions artistiques les plus importantes ensemble. Nous avons beaucoup échangé en amont du tournage pour ne pas perdre de temps sur le plateau et pour que les prises de décisions soient fluides.   

Y a-t-il un court métrage qui vous a particulièrement marquées ?
Le court métrage suédois de Lukas Moodysson, Talk, nous a notamment inspirées. Ce film rend compte de la solitude d’un homme âgé et retraité. C’est un personnage marginal qui cherche désespérément quelqu’un avec qui avoir une « petite conversation » pour s’extirper de sa solitude. Un jour, de manière tout à fait inattendue, une jeune femme membre de Hare Krishna sonne à sa porte à la recherche de nouvelles recrues. Leurs objectifs diffèrent et la rencontre tourne mal… La structure du film est simple et le ton est tragique et drôle à la fois. La situation et la caractérisation des personnages nous font osciller entre malaise, rire et empathie. La fin est percutante et laisse une forte impression. 

Selon vous, qu’est-ce qui fait un bon film ?
Au-delà d’une bonne histoire, nous sommes sensibles à des films qui expriment une certaine forme de nécessité de la part du cinéaste. Ça a l’air abstrait dit comme ça, mais l’énergie d’un film n’est, selon nous, pas seulement portée par une bonne écriture ou une direction d’acteurs maîtrisée. Quand le film exprime un point de vue singulier que le cinéaste avait viscéralement besoin de mettre en scène dans son œuvre, ça se ressent chez le public. On s’attache alors même aux imperfections pour se laisser porter…

Pour voir Cataracte, rendez-vous aux séances de la compétition nationale F4.

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Lunch avec L’Homme à la Mercedes pourpre https://clermont-filmfest.org/lhomme-a-la-mercedes-pourpre/ Wed, 02 Feb 2022 11:00:00 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=48914 Entretien avec Marine Levéel, réalisatrice de L’Homme à la Mercedes pourpre

D’où vous est venue l’idée du personnage de Annie et que souhaitiez-vous explorer à travers son histoire et sa relation avec sa fille ?
Le personnage d’Annie est né de l’observation de plusieurs personnes que je connais, qui sont de générations qui me précèdent. En les fréquentant, j’ai eu envie de parler de la complexité de ce qu’engendrent les abus sexuels tout au long d’une vie, mais aussi de comment la douleur se transmet dans une famille. En comprenant le parcours de ces femmes victimes de violences dans des environnements sourds à toute écoute, j’ai aussi été frappée par leur force de survie et les formes de défense mises en place pour échapper à la destruction. En ce sens, Annie a un mental très développé et le film épouse son point de vue de manière très intériorisée, au plus près de sa psyché. Enfin, j’ai essayé aussi de retranscrire la très grande pulsion de vie qui anime ces femmes, qui s’exprime par le rire, l’amour et les liens forts, et qui me touche profondément.

Les paysages jouent un rôle important. Connaissez-vous bien la région et le milieu de la chasse en forêt ?
Tous les décors sont des lieux de mon enfance auxquels je suis attachée. Dans le film certains paysages sont le prolongement du mental du personnage. Ils permettent à la pensée de se dérouler, aux corps de s’y glisser. Mais le paysage n’est pas seulement matière à contemplation. D’autres paysages sont marqués par la domination de l’Homme, des chasseurs notamment, et apparaissent plus hostiles, lieux d’un théâtre inquiétant. La chasse dans le film est une forme de transmission de la violence que Natacha, la fille d’Annie, a absorbée et qu’elle n’a pas encore conscientisée. C’est un milieu que je connais bien, puisque mon père est chasseur et m’a appris beaucoup de choses, notamment sur les oiseaux mais c’est aussi un milieu qui m’a souvent terrifiée.

Comment s’est déroulé le casting ?
J’ai travaillé avec Judith Chalier avec qui je collabore pour la deuxième fois. J’aime beaucoup son approche, presque maïeutique. Avec Judith, on cherche avant tout à révéler un personnage et nous parlons beaucoup du rôle et de ce qu’il raconte en amont, ce qui nous amène au final à rencontrer très peu de comédien·ne·s, car nous affinons au maximum nos certitudes. Nous avons contacté Dominique Valadié, et nous avons rencontré deux actrices pour le rôle de Natacha afin de former le duo mère/fille. Les seconds rôles sont des ami·e·s. du coin que j’aime beaucoup.

Parlez-nous de votre parcours en tant que cinéaste ?
Je suis arrivée là progressivement. J’ai d’abord étudié aux Beaux-Arts où je me suis peu à peu orientée vers le récit en utilisant la sculpture, la photographie et la vidéo. Comme j’ai toujours aimé écrire, je me suis tournée vers le cinéma pour affirmer ce penchant narratif et j’ai intégré l’ENSAV. J’ai ensuite travaillé sur des tournages tout en continuant à faire des projets, de façon de plus en plus professionnelle.

Y a-t-il un court métrage qui vous a particulièrement marquée ?
Beaucoup. Je citerais Jus de pastèque d’Irène Moray.

Selon vous, qu’est-ce qui fait un bon film ?
Le regard qu’il porte sur le monde. 

Pour voir L’Homme à la Mercedes pourpre, rendez-vous aux séances de la compétition nationale F4.

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Café court – Laetitia de Montalembert & Faustine Crespy https://clermont-filmfest.org/cafe-court-laetitia-de-montalembert-faustine-crespy/ Tue, 01 Feb 2022 12:48:48 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=48802 Découvrez l’interview des cinéastes françaises Laetitia de Montalembert et Faustine Crespy à propos de leur court métrage Cataracte présenté dans la compétition nationale 2022 (programme F4).

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Dîner avec Que la Bête monte https://clermont-filmfest.org/que-la-bete-monte/ Sat, 22 Jan 2022 20:00:00 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=46968 Entretien avec Marthe Sébille, réalisatrice de Que la Bête monte

D’où vous est venue l’idée de cette aventure assez surnaturelle ?
Ce projet est en germe depuis très longtemps. Il est né d’expériences vécues et de mes convictions féministes et écologiques. Il y a quelques années, je me suis retrouvée coincée dans un TGV en pleine campagne, alors que je devais repasser mon permis le lendemain très tôt. Au bout de 4 heures d’attente, un jeune homme très pressé a pris la décision de rejoindre à pied le prochain village. Nous l’avons suivi à plusieurs. Très vite, le groupe nous a distancé et je me suis retrouvée seule avec lui à traverser un champ de maïs. Il m’a appris qu’il était en permission pour le week-end et qu’il devait rentrer le soir même à la maison d’arrêt. J’ai ressenti un mélange de peur et de fascination quant à l’étrangeté de la situation. Aussi bien par sa détermination à retourner à son enfermement que mon inconscience d’avoir suivi un inconnu. J’ai longtemps repensé à cette histoire, à cet avant-goût d’aventure, à tous les possibles qu’offraient ce champ de maïs, à la tentation qui s’était présentée à nous. Celle d’échapper à nos obligations sociales et retrouver notre liberté. Pourtant nous avons résisté, nous avons été forts. Ou dociles. En tout cas, nous n’avons pas cédé à nos pulsions. Je me suis donc imaginé une histoire où il n’y aurait jamais de village mais au contraire une forêt homérique et infinie qui révèlerait les désirs les plus enfouis. Un couple inattendu fait ce voyage ensemble, une rencontre impossible entre Lupa et Alban. En poussant à son extrême cette vaste question pour Lupa : jusqu’où peut aller le désir ? Celui d’être libre et de se sentir vivante. 

Pouvez-vous nous en dire plus sur le choix du titre ?
C’est évidemment un clin d’œil à Chabrol. J’ai toujours aimé ce titre : Que la bête meure. Percutant, efficace, troublant. Une injonction à la tragédie. Dans ce dernier, Paul est la bête à abattre, le symbole du patriarcat : dominant, violent, vulgaire, lâche… Dans mon film, Lupa est la femme qui doit vivre, s’affranchir de tous ses empêchements et laisser la bête monter en elle.

Comment s’est déroulé le tournage en pleine forêt ?
C’était à la fois très beau et très difficile. J’ai fait les repérages début mai, juste après le premier confinement, avec mon conjoint qui est décorateur. Après tant d’enfermement, nous étions subjugués par la beauté de la nature, la puissance des forêts, inaccessibles en véhicule. Il a fallu argumenter auprès de la production pour les convaincre : la forêt est LE décor du film, elle doit être pure, magique… quasi primitive. Pendant le tournage, nous avons eu la chance d’avoir un temps magnifique car nous n’avions aucun décor intérieur sur lequel nous rabattre en cas d’intempéries. Le tournage était en septembre, après le confinement donc, toute l’équipe avait envie et besoin de travailler à nouveau et d’être dehors. Les paysages de Dordogne étaient majestueux mais difficiles d’accès. Nous avons dû penser à un matériel plus léger et compact grâce à la cheffe opératrice Eva Sehet, pour acheminer le matériel à la main. Il fallait tout le temps le porter et partout ! Tout le monde s’y est mis, de la mise en scène aux acteurs. D’ailleurs ils ont été incroyables. Entre autres prouesses, Pauline a fait toutes les scènes pieds nus.

On retrouve dans le film des moments d’horreur, de science-fiction… Vous êtes-vous inspirée de films de genre ? Quelles ont été vos sources d’inspiration ? 
Mes inspirations n’ont pas été tellement cinématographiques pour ce film. En premier lieu, il y a ma relation à la nature, qui depuis toujours est une ressource fondamentale où je peux convoquer l’invisible. Puis l’œuvre de Garcia Marquez et le réalisme magique. Je me suis aussi intéressée aux sciences-humaines, aux arts et aux mythes multiples sur l’animalité et la sauvagerie pour explorer la transformation de Lupa. Souvent c’est un désir profond d’affranchissement qui revient. La notion du devenir-animal chez Deleuze a retenu mon attention. Partant du fait que l’animal sauvage est sans cesse aux aguets pour se nourrir et se protéger, il compare cette attitude ultra consciente du monde à celle du philosophe ou de l’artiste. Le mouvement du devenir-animal, c’est être capable de remarquer et questionner les détails du monde, d’y être aussi sensible qu’un animal. Il y aussi les rites chamaniques sibériens de transformation animale qui m’ont intéressé, le passage dans l’animalité était fait pour digérer un événement du réel, retrouver des ressources de vie, de force et d’oppositions. Lupa fait l’expérience du retour à la vigueur primitive et quitte ainsi un corps malade. Je souhaitais interroger les questions de genre et d’héroïsme. Redistribuer les cartes du courage et de la virilité. Lupa, devenue héroïne amazone, se saisit enfin de sa force. Mais les Autres, les humains, peuvent-ils supporter une femme aussi libre et farouche ? Ici, les chasseurs incarnent le mal. La femme puissante devient une bête à traquer et à assassiner. Le film est un hommage aux femmes éprises de liberté, stoppées dans leur élan par ceux qui ne le supportent pas. Avec la cheffe opératrice Eva Sehet nous avons étudié des films en pleine nature (The Lost City of Z, Dans la brume électrique, Aguirre la colère de Dieu, The Revenant, La Balade sauvage…) et avec la monteuse Jeanne Oberson nous avons évoqué la danse contemporaine, qui était une référence pour moi dans la direction d’acteurs ainsi que l’univers magique de Miyazaki.

Y a-t-il un court métrage qui vous a particulièrement marquée ?
Deux films sur la solitude. Nuit blanche de Samuel Tilman (2010), je me souviens de l’intensité du suspense. Comment Samuel Tilman m’avait fait vivre une nuit coincée en haute montagne sans jamais la filmer. Époustouflant. Eremia Eremia d’Olivier Broudeur et Anthony Quéré. Primé à Clermont Ferrand en 2008. Une narration épurée, la puissance de l’image, le langage cinématographique total.

Selon vous, qu’est-ce qui fait un bon film ?
La sincérité du regard. Une certaine générosité. De l’émotion.

Pour voir Que la Bête monte, rendez-vous aux séances de la compétition nationale F4.

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Dîner avec À l’ombre l’après-midi https://clermont-filmfest.org/a-lombre-lapres-midi/ Tue, 18 Jan 2022 20:00:00 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=45280

Entretien avec Marin Gérard, réalisateur de À l’ombre l’après-midi

Dans quelles circonstances avez-vous écrit le scénario d’À l’ombre l’après-midi ?
J’ai écrit la majeure partie du film à la fin de l’année 2020, pendant le deuxième confinement. Il me trottait dans la tête depuis un moment et n’a pas été écrit en réaction à la fermeture des salles de cinéma, mais l’écriture a effectivement été un moment particulier pour cette raison. J’ai ensuite attendu la dernière semaine avant de tourner pour terminer le scénario, afin de pouvoir choisir les films que Quentin va voir selon la vraie programmation des salles au moment du tournage. J’avais envie que son programme puisse réellement être celui d’un cinéphile parisien à la fin du mois de juillet 2021.

Êtes-vous un grand cinéphile vous-même ?
Hélas pour moi, mais moins maladivement que Quentin tout de même, qui vit un peu trop par et pour le cinéma. Enfin, même si je ne suis pas du tout ce personnage, je lui ai prêté quelques-uns de mes avis, en poussant un peu les curseurs du fétichisme, sur Shyamalan notamment.

Comment avez-vous choisi de tourner dans le parc Montsouris ?
Mon court métrage précédent, L’Espace rapide, se déroulait intégralement dans le parc des Buttes-Chaumont, et j’ai eu envie de filmer mon autre parc préféré de Paris. J’aime être précis par rapport aux lieux dans mes films, afin que l’on puisse y prendre une sorte de plaisir géographique et documentaire. Trouver les lieux de tournage et les emplacements de caméra de Cléo de 5 à 7 a constitué en cela l’un des plus beaux moments de la fabrication du film. J’ai découvert récemment Haut bas fragile de Rivette, et j’ai été très ému devant les scènes tournées dans le parc. On aperçoit dans l’arrière-plan de l’une d’elles la statue que l’on a filmée lors de la déambulation de Quentin et Lise au crépuscule, qui était il y a 25 ans, entourée de plates-bandes. Filmer ces lieux permet d’enregistrer un morceau d’Histoire qui n’intéresse personne et qui est donc important : il n’y a plus de fleurs près de cette statue, mais les buissons autour de la cascade sont devenus une jungle. Sinon, c’est un parc dans lequel j’ai plusieurs fois bu des bières avec des gens que j’aime bien, je pense qu’il y a beaucoup de lieux que j’ai envie de filmer à cause de ça.

Qu’est-ce qui vous intéressait dans les rapports entre jeunes adultes et pensez-vous réaliser d’autres films autour de personnages dans cet âge ?
L’âge des personnages (aux alentours de 25-28 ans) est pour moi celui où l’on commence à avoir des regrets. Il y a des ami·e·s qu’on ne voit plus, des envies ou des passions qu’on a laissées de côté, un futur qui est soit complètement tracé, soit complètement obscur… Résultat, on observe davantage ce qui sépare les personnages que ce qui les rassemble. C’est un peu triste formulé de cette façon, mais j’espère avoir rendu ça un peu drôle aussi. Le film précédent était centré autour de personnages du même âge pour la plupart et d’adolescents pour l’un des trois segments du film. Je crois que j’ai du mal à écrire et à filmer des personnages plus âgés que moi. Ça ne m’est pas encore venu à l’idée, en tout cas.

Y a-t-il un court métrage qui vous a particulièrement marqué ?
Je peux citer les premiers films de Guiraudie. Ceux qui font un peu moins d’une heure (Du soleil pour les gueux et Ce vieux rêve qui bouge) sont sublimes, mais j’aime aussi beaucoup les très courts : Les Héros sont immortels et Tout droit jusqu’au matin. Il est très fort pour les beaux titres en plus.

Selon vous, qu’est-ce qui fait un bon film ?  
Difficile de répondre à cette grande question théorique sans pirouette. Voici celle que j’ai sous la main : si c’est Fritz Lang qui met en scène, ça aide.

Pour voir À l’ombre l’après-midi, rendez-vous aux séances de la compétition nationale F4.

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