F5 – Clermont ISFF https://clermont-filmfest.org Festival du court métrage de Clermont-Ferrand | 31 Janv. > 8 Fév. 2025 Mon, 20 Feb 2023 10:02:44 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.5.7 https://clermont-filmfest.org/wp-content/uploads/2017/10/lutin-sqp-1-300x275.png F5 – Clermont ISFF https://clermont-filmfest.org 32 32 Café court – Jean-Sébastien Chauvin https://clermont-filmfest.org/cafe-court-jean-sebastien-chauvin/ Fri, 03 Feb 2023 18:52:41 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=59462 Découvrez l’interview du cinéaste français Jean-Sébastien Chauvin à propos de son court métrage Le Roi qui contemplait la mer présenté dans la compétition nationale 2023 (programme F5).

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Café court – Johanna Caraire https://clermont-filmfest.org/cafe-court-johanna-caraire/ Tue, 31 Jan 2023 16:47:24 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=59169 Découvrez l’interview de la cinéaste française Johanna Caraire à propos de son court métrage Sardine présenté dans la compétition nationale 2023 (programme F5).

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Breakfast avec Go Fishboy https://clermont-filmfest.org/go-fishboy/ Mon, 23 Jan 2023 08:00:44 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=58332 Entretien avec Denise Cirone, Sebastian Doringer, Andrey Kolesov, Chiayu Liu, Zhen Tian et Lan Zhou, coréalisateurs de Go Fishboy

Quel est le point de départ de Go Fishboy, une idée abstraite ? Ou bien  une image, un dessin ?
L’histoire a germé de l’atelier d’écriture de l’école. Deux membres de l’équipe, Sebastian et Zhen, ont présenté l’idée d’un garçon poisson, dont le père était un chef cuistot spécialisé dans les sushis. On a brassé beaucoup d’idées, mais on aimait tous celle-ci en particulier, et on s’est dit qu’elle pourrait devenir une chouette histoire. On a fait des tas de remue-méninges où chacun évoquait son vécu et son ressenti dans des situations conflictuelles comparables. Cette phase de pré-production a été capitale pour le scénario comme pour la dynamique collective. Ça nous a soudés entre nous et aidés à construire un lien qui n’a fait que se renforcer mois après mois.

Pourquoi avoir situé l’action au Japon ?
Dès le départ nous savions que l’histoire devait se dérouler dans le monde réel, et plus précisément au Japon, pour le côté sushi et pour la place donnée au Japon à la transmission et aux traditions familiales. C’est pourquoi, sachant qu’aucun de nous n’est japonais, nous nous sommes documentés et renseignés pour être sûrs de rester respectueux envers la culture japonaise. Cependant, nous voulions aussi créer une histoire d’autant plus universelle que nos origines géographiques et culturelles sont très diverses.

Vous êtes-vous concentrés plutôt sur le problème de la relation parent-enfant ou sur la fuite vers un monde imaginaire ?
Nous voulons laisser au public un choix d’interprétation. Mais il y a tout de même quelques thèmes essentiels que nous avons voulu mettre à jour à travers le récit : l’acceptation de soi, la quête d’identité, la tradition familiale et le conflit des générations. Pour nous, il ne s’agit pas pour Uotaro de s’enfuir vers un monde imaginaire, mais bien d’affirmer sa capacité à se libérer et à devenir enfin lui-même. Il va lutter en lui-même et explorer son identité pour gagner la confiance en lui qui lui permettra d’écouter sa voix intérieure et de se différencier de l’Uotaro que son père veut le voir devenir. Du point de vue du père, il voit son fils se comporter plus bizarrement que d’habitude : même s’il essaie de créer un lien avec lui, il y a un océan entre eux, comme s’ils venaient de mondes différents. Il essaie de former son fils comme son père l’a formé lui, et comme son  grand-père avait avant ça formé son père.  Mais Uotaro paraît peu enclin à prendre en main l’héritage familial, et sa frustration se mêle à une certaine confusion. Comme tout parent d’ado, Takeshi observe avec curiosité les changements que traverse son fils, son inévitable maturation, à ce moment où les parents réalisent que la vie de leur progéniture n’est pas la leur et qu’ils doivent lâcher prise. Nous avons pris soin de faire porter à Uotaro des lunettes carrées dont la forme évoque celles de son père : comme s’il était contraint (ou se contraignait lui-même) à voir le monde avec les yeux de Takeshi. Mais quand il saute dans l’eau et devient vraiment lui-même, il perd ces lunettes : il peut à présent voir avec ses propres yeux.

Qu’est-ce qui a guidé votre choix en technique d’animation et comment vous êtes-vous distribué les tâches ?
Ça a été très collaboratif tout le long, on a tous mis la main à la pâte à l’une ou l’autre étape du processus dans les quelques mois entre la pré-production et le début de la production. Après cela, on a discuté pour savoir sur quelle tâche spécifique chacun préférait s’investir, et nous nous les sommes partagées en fonction de ça. On continuait cependant à faire des allers-retours entre nous, à recevoir et à donner des avis ; Lan s’est consacré la plupart du temps au color script et à l’animation ; Chia-Yu était responsable du layout, des arrières-plans et de la colorisation ; Zhen a mis la touche finale à la conception des personnages et s’est concentré sur l’animation ; Sebastian était le responsable du design sonore, en dialogue avec le compositeur, et faisait également de l’animation ; Andrey était responsable du compositing et de la 3D, tout en participant aussi à l’animation en 2D ; et Denise gérait toute la partie production depuis le début, en contribuant à l’animation et en apportant son aide aux différents responsables.

Quel est votre court métrage de référence ?
Comme nous sommes six, c’est une question à laquelle il est très difficile de répondre. Durant l’écriture du scénario, on a quand même évoqué et partagé beaucoup de courts. Easter Eggs, réalisé par Nicolas Keppens, est l’un de ceux qui ont attiré l’attention de presque tout le monde. Un autre court que tout le monde a aimé, c’est Je sors acheter des cigarettes, d’Osman Cerfon. En ce qui concerne l’aspect artistique, nous sommes profondément inspirés par les travaux de Masaaki Yuasa et Crayon Shin-chan.

Qu’est-ce que le festival de Clermont-Ferrand représente pour vous ?
C’est notre première fois à nous tous au festival. On trouve que c’est un magnifique jalon sur notre trajectoire. La sélection nous tient à cœur, car nous connaissons l’importance du festival, et avoir l’occasion de partager huit fois notre film nous rend très heureux. On a hâte de connaître les avis et les interprétations variées du jury et du public. On espère que tout le monde prendra autant de plaisir à voir Go fishboy que ce que nous en avons pris à le faire. On est aussi très enthousiastes à l’idée des rencontres, des partages d’expériences et de points de vue avec toutes ces personnes qu’on ne connaît pas encore. Merci au festival pour cette belle opportunité !

Pour voir Go Fishboy, rendez-vous aux séances de la compétition nationale F5.

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Café court – Julien Regnard https://clermont-filmfest.org/cafe-court-julien-regnard/ Tue, 08 Feb 2022 08:00:00 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=50861 Découvrez l’interview du cinéaste français Julien Regnard à propos de son court métrage Ronde de nuit présenté dans la compétition nationale 2022 (programme F5).

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Café court – Jérémie Dubois https://clermont-filmfest.org/cafe-court-jeremie-dubois/ Mon, 07 Feb 2022 19:00:00 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=50810 Découvrez l’interview du cinéaste français Jérémie Dubois à propos de son court métrage Dylian présenté dans la compétition nationale 2022 (programme F5).

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Café court – Geordy Couturiau https://clermont-filmfest.org/cafe-court-geordy-couturiau/ Mon, 07 Feb 2022 11:00:00 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=50707 Découvrez l’interview du cinéaste français Geordy Couturiau à propos de ses courts métrages Lucienne dans un monde sans solitude et La Flûte enchantée présentés dans la compétition nationale 2022 (programmes F2 et F5).

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Goûter avec Churchill, Polar Bear Town (Churchill, la ville des ours polaires) https://clermont-filmfest.org/churchill-polar-bear-town/ Sat, 05 Feb 2022 15:00:00 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=49241 Entretien avec Annabelle Amoros, réalisatrice de Churchill, Polar Bear Town (Churchill, la ville des ours polaires)

Comment avez-vous eu connaissance de la ville de Churchill et de sa situation complexe avec les ours polaires ?
Cela faisait plusieurs années que je connaissais la ville de Churchill. Lorsque j’étais enfant, j’avais vu la photo d’un ours polaire transporté dans un filet sous un hélicoptère. J’ai fait le lien plus tard, vers 2013, en tombant par hasard sur des reportages TV mainstream, où il était surtout question de la manière dont les habitants du lieu cohabitaient avec leur effrayant voisin : l’ours polaire. C’est en 2019 que j’ai posé pour la première fois mes bagages à Churchill. Au terme d’une immersion de 3 mois, de septembre à novembre, période de migration des ours polaires dans le quotidien de la ville, j’y ai constaté des faits plus complexes que la peur de l’homme pour l’animal sauvage. Ici, l’ours est à la fois devenu un divertissement pour les touristes, et une rente pour les habitants. Voilà le cœur du film.

Comment s’alimentent les ours sur leur route jusqu’à Churchill et lorsqu’ils la traversent ?
Les ours polaires ne s’alimentent pas lors de leur migration. A l’automne, vers septembre et octobre, ils attendent sur le rivage Nord de la Baie d’Hudson que l’eau gèle. En novembre, lorsque la baie s’est changée en glace, ils peuvent s’y aventurer pour chasser le phoque. Mais au printemps, la banquise fond, et le courant ramène les ours sur le rivage Sud de la baie. Alors, un nouveau cycle de migration recommence. Les ours se remettent en marche, direction Churchill, avec le ventre vide. Dans des conditions de vie normales, l’ours est capable d’attendre patiemment que son cycle alimentaire naturel se fasse. Mais Churchill est, pour lui, un îlot de tentation, un paradis de poubelles et d’odeurs de restaurants qui l’attire irrésistiblement. La vigilance des habitants et des agents de conservation permet de modérer leurs visites dans les rues de la ville. Mais cette surveillance n’est pas sans faille.

Qu’est-ce qui vous intéressait dans le fait de suivre l’équipe de tournage qui interviewe les habitants ?
Lors de mon séjour à Churchill, en 2019, j’ai très vite compris la place prépondérante que les médias y occupent. En automne, lors de la période de migration des ours polaires, il faut les voir s’y bousculer. La ville se change alors en plateau de tournage, et les habitants ont appris à en tirer profit. Il m’a donc semblé important d’évoquer cet aspect dans mon film. Churchill n’est pas qu’un village subissant la présence embarrassante des ours polaires. C’est surtout devenu une rentable place touristique et les médias sont dans la boucle. Ce sont eux qui, par le biais de leurs reportages, attirent les visiteurs, souvent fortunés.

Comment avez-vous travaillé sur la lumière et les couleurs ?
Dès le début, j’avais l’intention de créer un univers froid, brumeux et cotonneux, représentatifs du Grand Nord. Ces critères ont compliqué l’organisation de ce tournage relativement court, car la météo n’était pas toujours conciliante. Mais finalement nous avons relevé le défi. Je voulais aussi que les couleurs tendent vers le bleu-cyan afin d’accentuer la froideur de la toundra, son climat extrême et son mode de vie rude. Pour l’inspiration, j’avais en tête un film finlandais (vu il y a fort longtemps) tourné lui aussi dans des conditions polaires, en Laponie. Impossible de retrouver son titre, ni même le nom du réalisateur. Par contre, me sont restées en mémoire les couleurs des images, et ce souvenir a influencé tous mes choix esthétiques.

Pour voir Churchill, Polar Bear Town (Churchill, la ville des ours polaires), rendez-vous aux séances de la compétition nationale F5.

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Goûter avec La Flûte enchantée https://clermont-filmfest.org/la-flute-enchantee/ Thu, 27 Jan 2022 15:00:00 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=47916 Entretien avec Geordy Couturiau, réalisateur de La Flûte enchantée

Parlez-nous des personnages de Momo et Arnaud. Sont-ils basés sur des personnes que vous connaissez dans la vie ? 
Le personnage d’Arnaud tient son prénom d’un grand ami sans qui le film ne serait pas ce qu’il est, Arnaud Orengue. Il nous a accompagnés du début à la fin et nous avons tourné dans sa cité, Les Mordacs. Je voulais qu’il joue ce personnage mais les choses ont pris une autre tournure. Même s’il n’a rien à voir avec cet homme qui sort de mon imagination, celui que j’ai inventé n’existerait pas sans lui. C’est donc sur une réelle amitié que le film prend ses inspirations et il me semble que c’est un des principaux thèmes de cette comédie. À noter, celle que j’entretien avec Eliott Brunet, mon producteur qui est mon plus proche collaborateur, il a un talent extraordinaire et je lui pique parfois des idées, ou plutôt il se laisse voler pour notre bien à tous les deux. Le film et ses personnages lui doivent beaucoup. Momo c’est un grand rêveur. Il est à la fois à sa place et pas du tout. Pour tout dire je voulais l’interpréter. À l’écriture c’était donc mon ami et moi que j’avais en tête.

Qu’est-ce qui vous intéresse le plus dans leur relation ? 
Ce qui s’est créé sur le tournage et qui n’était pas dans mes mots. Je suis assez fier de mon casting et je me suis beaucoup attaché à leur relation. Dans la vie ils ne partagent pas forcément les mêmes passions ou les mêmes automatismes mais il y a quelque chose d’évident qui les unis. 

Pourquoi avoir fait le choix d’introduire un élément surréaliste ? 
C’est plus fort que moi hélas. Je ne sais pas d’où viennent les idées, sinon j’irai à cet endroit tout le temps. Mais celle-ci m’est venue à un moment où je m’ennuyais pendant un très beau film de Jarmusch. Le personnage principal s’ennuyait également en regardant une télé qui diffuse des infos. Il y était dit qu’un trésor vieux de je ne sais plus combien de milliers d’années avait été retrouvé. À cette période je réécoutais La Flûte enchantée de Mozart et j’avais vu la version de Bergman qui est toute désuète et cocasse. Mon film n’a rien en commun avec cet opéra, si ce n’est quelques références pour m’amuser ; mais l’idée d’une flûte « enchantée » et l’ennui m’ont poussé vers ce choix.

Comment s’est déroulé le casting des personnages ? 
C’était l’un des meilleurs moments. La plupart des personnages du film sont des habitants de Champigny et de la cité des Mordacs. Pour les seconds rôles nous avons été aidés par la Maison pour tous. Il y a d’abord eu une personne, puis au lieu de partir après le casting, tout le monde restait dans la salle. À la fin nous étions une vingtaine. À la fenêtre, des gens dans la rue criaient les répliques du film. C’était très drôle, nous avons été accueillis comme des amis et il y avait entre eux et envers nous une bienveillance extraordinaire. Hormis les policiers, il n’y a presque pas de comédiens professionnels dans les seconds rôles du film et pourtant je trouve qu’ils sont tous extrêmement justes. Pour les scènes en groupe j’avais peur de ne pas m’en sortir, mais au contraire, c’était un vrai bonheur. Concernant les deux personnages principaux par contre, Arnaud et Momo, c’est le fruit d’une longue recherche, avec un casting plus traditionnel. Et puis j’ai rencontré Esdras Registe, il avait appris le texte du mauvais personnage mais j’ai tout de suite su que c’était lui. Il a un talent immense et en plus d’être très beau c’est une énergie unique. À l’écran ce sont des ingrédients sympathiques, j’ai de la chance d’avoir pu en profiter. Pour Momo, nous repartons à nouveau sur le thème de l’amitié. Sachant que je faisais un casting, un de mes meilleurs amis, Guillaume Dietrich, m’a demandé s’il pouvait essayer. Il a dit ça pour s’amuser mais je l’ai pris très au sérieux. Il est auteur et compositeur dans la vie et c’est un des artistes les plus talentueux que je connaisse. Les essais ont été faits pour convaincre mon producteur mais je savais déjà que c’était lui et il est une des grandes raisons qui m’ont donné envie de faire ce film.

Quels sujets ou genres cherchez-vous à aborder en tant que cinéaste ? 
Dans la vie j’ai un amour immense pour La pianiste d’Haneke, mais aussi pour Babe le cochon devenu berger, par exemple. Ce sont deux extrêmes mais c’est important. On demande souvent aux scénaristes ce qu’ils veulent raconter… J’invente toujours une réponse pour faire plaisir, mais en réalité je ne sais pas. J’ai besoin que ce soit vaste, que celui qui aura envie de voir le film puisse avoir suffisamment d’espace pour s’y faire sa place, y créer son histoire. Ça ne répond pas à votre question.

Y a-t-il un court métrage qui vous a particulièrement marqué ?
Mon court métrage de chevet est Foutaises de Jean Pierre Jeunet. Je trouve ce film brillant, indémodable, alors que je suis né la même année. Sinon récemment il y a The Last Name of John Cage de Margaux Guillemard qui était au festival Entrevues l’année dernière… Il dure quatre minutes trente-trois secondes et contient une force totalement saisissante. Un film rare et aussi personnel qu’universel, c’est admirable.

Selon vous, qu’est-ce qui fait un bon film ?
C’est forcément subjectif. Je pense que c’est le temps qui le dit et dévoile ce qu’il nous reste d’une œuvre. Pour moi ce n’est qu’une question d’émotions et de sentiments.

Pour voir La Flûte enchantée, rendez-vous aux séances de la compétition nationale F5.

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Café court – Annabelle Amoros https://clermont-filmfest.org/cafe-court-annabelle-amoros/ Wed, 26 Jan 2022 13:00:00 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=50325 Découvrez l’interview de la cinéaste française Annabelle Amoros à propos de son court métrage Churchill, Polar Bear Town présenté dans la compétition nationale 2022 (programme F5).

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Dîner avec Ronde de nuit https://clermont-filmfest.org/ronde-de-nuit/ Sat, 15 Jan 2022 20:00:00 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=44882

Entretien avec Julien Regnard, réalisateur de Ronde de nuit

D’où vous est venue l’idée initiale de ce couple ?
Je me suis beaucoup inspiré de ma vie personnelle pour écrire ce film. Il y a un enrobage avec l’animation, le genre, l’ambiance du film, tout ça… Mais ça reste une histoire assez autobiographique.

Comment décririez-vous votre style d’animation ?
Réactionnaire ? Non le style du film est assez sobre je pense, réaliste dans les décors et minimaliste dans l’animation des personnages. Le noir et blanc s’est imposé dès le début du projet à cause du sujet, de l’ambiance. Il y a un mélange de 2D et de 3D, mais le principal pour moi était d’utiliser les outils disponibles au mieux en fonction des besoins de mise en scène en essayant de ne pas se laisser manger par les myriades d’effets disponibles. 

Quelles sortes de sujets et de genres (et formats autre que l’animation) vous attirent en tant que cinéaste ? 
J’avoue ne pas être un grand fan d’animation… Non je blague, il y a des choses incroyables mais elles sont rares, il y a tellement de contraintes techniques pour créer la matière que c’est très difficile d’arriver à faire un bon film en animation. Pour les sujets, c’est une question très vaste. En revoyant les films que j’ai faits précédemment je pense avoir une affinité pour les couples en voiture, les routes perdues dans l’immensité des paysages, une fascination pour le temps et la manière de le traiter au cinéma.

Y a-t-il un court métrage qui vous a particulièrement marqué ? 
Pour rester dans l’animation je dirais Father and Daughter de Michael Dudok de Wit. J’ai vu ce film quand j’étais adolescent et j’ai été complètement bouleversé. Si j’ai le droit d’en donner un autre je dirais When the Day breaks d’Amanda Forbis et Wendy Tilby.

Selon vous, qu’est-ce qui fait un bon film ? 
L’histoire ! C’est très difficile d’écrire une bonne histoire, tout part de là et toute la valeur émotionnelle du film vient de la qualité de l’histoire. Même si les images sont moches, le son bâclé, les effets spéciaux ridicules, le film va générer de l’émotion chez le spectateur si l’histoire est bien écrite, originale, bien racontée, bien rythmée, et prenante, les personnages vrais, attachants. C’est la matrice du film, tout en découle et il est inutile de se lancer dans la réalisation d’un film avant d’avoir une bonne histoire. C’est ce qui nous fait aller au cinéma, on veut voir des gens comme nous, avec des problèmes comme nous et savoir comment ils vont les résoudre pour s’en sortir, ou pas…

Pour voir Ronde de nuit, rendez-vous aux séances de la compétition nationale F5. 

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