I12 – Clermont ISFF https://clermont-filmfest.org Festival du court métrage de Clermont-Ferrand | 31 Janv. > 8 Fév. 2025 Mon, 20 Feb 2023 15:06:43 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.5.7 https://clermont-filmfest.org/wp-content/uploads/2017/10/lutin-sqp-1-300x275.png I12 – Clermont ISFF https://clermont-filmfest.org 32 32 Café court – Alica Bednáriková https://clermont-filmfest.org/cafe-court-alica-bednarikova/ Fri, 10 Feb 2023 11:52:53 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=59744 Découvrez l’interview de la cinéaste slovaque Alica Bednáriková à propos de son court métrage Chlieb Náš Každodenný présenté dans la compétition internationale 2023 (programme I12).

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Café court – Kálmán Nagy https://clermont-filmfest.org/cafe-court-kalman-nagy/ Thu, 09 Feb 2023 11:06:02 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=59689 Découvrez l’interview du cinéaste hongrois Kálmán Nagy à propos de son court métrage Az Utca Másik Vége présenté dans la compétition internationale 2023 (programme I12).

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Café court – Kevin Steen https://clermont-filmfest.org/cafe-court-kevin-steen/ Mon, 30 Jan 2023 12:46:44 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=58960 Découvrez l’interview du cinéaste américain Kevin Steen à propos de son court métrage Daron, Daron Colbert présenté dans la compétition internationale 2023 (programme I12).

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Breakfast avec But What Does It Mean? (Mais qu’est-ce que ça veut dire ?) https://clermont-filmfest.org/but-what-does-it-mean/ Mon, 30 Jan 2023 08:00:00 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=58886 Entretien avec Julie Ecoffey, réalisatrice de But What Does It Mean? (Mais qu’est-ce que ça veut dire ?)

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de ces deux personnages ? 
Mon entourage. Je trouve souvent que les conversations banales des personnes qui m’entourent sont absurdes et très drôles alors je voulais représenter des personnages qui soient réalistes dans leur façon de s’exprimer. 

Pourquoi parlent-elles anglais ? Pourquoi ce « twist » ? 
J’ai eu beaucoup recours à l’anglais pour communiquer dans mon école lorsque que j’ai écrit ce film et ça m’a paru naturel d’utiliser l’anglais puisque c’était la langue dans laquelle je m’exprimais le plus à ce moment-là. C’est aussi pour toucher un public au-delà de la francophonie. Pour le twist, simplement parce que c’était une façon de limiter le nombre de personnages et aussi pour donner une chute ouverte à l’histoire. 

Comment s’est déroulé le casting ?  
Très simplement. Ma mentore m’a recommandé une actrice avec qui elle avait déjà travaillé pour l’une des voix et c’est moi qui ai fait l’autre 

Parlez-nous de votre technique d’animation. 
C’est de la 2D digitale. Pour le style d’animation j’ai de nouveau essayé de représenter des gestuelles réalistes. Je me suis beaucoup filmée en train de jouer le dialogue pour bien capter tous les petits tics que je pouvais avoir en lisant le texte. Mon but était de rendre les personnages vivants. 

Quel est votre parcours de réalisatrice/animatrice ? Qu’envisagez-vous de faire par la suite ? 
J’ai réalisé quelques projets en école, seule et en équipe. J’ai pu expérimenter et tester ce que j’aimais durant ma formation en réalisant ces trois ou quatre courts métrages. Pour la suite j’aimerais beaucoup écrire et réaliser d’autres projets. J’aimerais aussi collaborer avec d’autres personnes pour la réalisation et la production cette fois. 

Quel est votre court métrage de référence ? 
Très dur à dire mmmmmh. Plutôt un classique inépuisable qu’une référence mais je dirais Double King de Felix Colgrave. 

Que représente pour vous le festival de Clermont-Ferrand ? 
J’y vois l’opportunité de partager mon film, de voir pleins d’autres films, de faire de multiples rencontres et d’y trouver de l’inspiration pour d’autres réalisations. 

Pour voir But What Does It Mean? (Mais qu’est-ce que ça veut dire ?), rendez-vous aux séances de la compétition internationale I12.  

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Café court – Vũ Nguyễn Nam Khuê https://clermont-filmfest.org/cafe-court-vu-nguyen-nam-khue/ Sun, 29 Jan 2023 11:39:48 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=58951 Découvrez l’interview du cinéaste vietnamien Vũ Nguyễn Nam Khuê à propos de son court métrage A Lost Astronaut And a City of Footprints présenté dans la compétition nationale 2023 (programme I12).

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Dîner avec Portør (Brancardière) https://clermont-filmfest.org/portor/ Mon, 23 Jan 2023 20:00:01 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=58375 Entretien avec Lisa Enes, réalisatrice de Portør (Brancardière)

L’hôpital est-il un lieu de travail que vous connaissez bien ? Pourquoi l’avoir choisi pour l’action de votre film ?
En 2016, j’ai commencé à travailler à mi-temps à l’hôpital, comme brancardière – une personne chargée de transporter les patients et les médicaments d’un service à l’autre. Avant cela, je ne connaissais pas du tout cet univers. J’ai été étonnée de constater l’importance de la hiérarchie dans un hôpital, et j’ai pu me rendre compte de ce qu’on ressentait quand on se trouvait en bas de cette échelle. Ce qui m’a fascinée, c’est qu’en tant que brancardier, on n’est pas forcément impliqué dans les drames qui se nouent à l’hôpital, mais on observe tout ce qui se passe en coulisses. C’est un métier intéressant parce que le brancardier navigue d’un rôle social à un autre, et aussi entre la vie et la mort. En dehors du travail, on peut aussi avoir plusieurs vies séparées, mais ce qui est unique à l’hôpital, c’est que toutes les classes sociales s’y rencontrent. J’ai beaucoup appris de ce travail et mon expérience des couloirs de l’hôpital constitue le socle de mon film, Portør 

Qu’est-ce qui vous a inspiré le personnage de Mai Linn ?
Avec ce film, je voulais engager une réflexion sur le fait que chacun a besoin d’être vu. Le brancardier voit tout ce qui se passe dans un hôpital, mais personne ne le voit, lui. Je voulais parler de la personne la plus invisible de tout ce groupe déjà invisible. Une femme qui parle principalement à travers l’expression de son visage. Avec Mai Linn, on rencontre une personne de l’extérieur, une personne qui a le désir de s’intégrer. Mais son invisibilité et sa capacité d’observation sont aussi des superpouvoirs. 

Pouvez-vous parler de votre travail sur la photographie ? Comment avez-vous fait ressortir cette vie intérieure du personnage ?
Je voulais que la caméra cherche Mai Linn du regard dans un premier temps. Ensuite, on alterne entre un regard sur Mai Linn telle qu’elle est présente au monde et son regard à elle sur le monde qui l’entoure. J’ai également utilisé le son pour souligner la richesse de sa vie intérieure, pour montrer son sens de l’humour, son imagination, au travers d’un paysage sonore subjectif. 

Votre film est parfois humoristique. Quels sont les genres cinématographiques et les histoires qui vous intéressent en tant que cinéaste ?
J’ai envie de parler des gens qu’on ne voit presque jamais dans les fictions actuelles. Si l’on veut raconter des histoires intéressantes et qui touchent tout le monde, il faut les situer dans des contextes peu abordés, ceux que l’on oublie dans la vie courante. Je veux raconter des histoires qui se passent dans les écosystèmes qui nous entourent, mais auxquels on ne fait pas attention. On n’a pas besoin de diplômes pour être brancardier, et ces métiers commencent à disparaître. Par conséquent, la diversité sur le lieu de travail est mise à mal. Dans une époque où chacun vit dans sa bulle, autant dans le monde virtuel que dans le monde physique, nous avons besoin d’histoires qui donnent de la visibilité à des gens qui passent inaperçus. Quant à l’humour, c’est un élément important dans mes films. Je l’utilise pour créer un contraste avec un sujet plutôt sérieux. L’humour est forcément présent lorsqu’on évoque les relations entre des personnages différents, des personnages qui ne se rencontrent pas d’habitude. Leurs différences créent des malentendus, des conflits, des frictions culturelles et générationnelles. 

Cet univers vous est-il familier, ou avez-vous dû faire des recherches ?
J’ai été brancardière plusieurs années, donc oui, ce métier et son univers me sont très familiers. J’ai été touchée par l’invisibilité qui caractérise les métiers du secteur des services, et les professions non qualifiées en général. Pour rendre hommage à mes collègues de travail, qui jouent d’ailleurs eux-mêmes dans le film, j’ai voulu parler de ces personnes invisibles qui font un boulot très important auquel on ne fait pas attention. 

Quel est votre court métrage de référence ?
Mon court métrage préféré est To Open, to See de Camilla Figenschou. 

Que représente pour vous le festival de Clermont-Ferrand ?
Cela me touche beaucoup que le film soit programmé dans un festival d’une telle envergure. C’est peut-être la preuve qu’il aborde un sujet universel. Comme l’histoire évoque un groupe de travailleurs que l’on ne remarque que rarement, il est émouvant que le film soit vu par beaucoup de gens. 

Pour voir Portør (Brancardière), rendez-vous aux séances de la compétition internationale I12

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Café court – Omar S. Kamara https://clermont-filmfest.org/cafe-court-omar-s-kamara/ Sun, 13 Feb 2022 13:00:56 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=51484 Découvrez l’interview du cinéaste américain Omar S. Kamara à propos de son court métrage Mass Ave présenté dans la compétition internationale 2022 (programme I12).

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Café court – Gina Kippenbroeck https://clermont-filmfest.org/cafe-court-gina-kippenbroeck/ Tue, 01 Feb 2022 15:55:12 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=48858 Découvrez l’interview de la cinéaste danoise Gina Kippenbroeck à propos de son court métrage Ensom Cowgirl présenté dans la compétition internationale 2022 (programme I12).

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Dernier verre avec Mass Ave https://clermont-filmfest.org/mass-ave/ Sat, 29 Jan 2022 23:00:00 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=48212 Entretien avec Omar Kamara, réalisateur de Mass Ave

Quelles étaient vos intentions à travers le récit de la difficile relation entre un père et son fils ?
En tant que migrant afro-américain de Sierra Leone de la première génération, les différences entre mon père et moi m’ont toujours sauté aux yeux. On n’avait pas la même façon de voir la vie ni de gérer nos émotions. En conséquence, on passait notre temps à se disputer, des plus petits sujets de discorde, comme l’heure à laquelle je me levais, à ceux de grande échelle, comme là où j’en étais du point de vue professionnel.  On a perdu trop de temps à se braquer, et plus grave encore, à ne pas s’écouter, jusqu’à ce que l’évènement traumatisant présenté dans le film ne renverse complètement notre relation.  Je voulais montrer que les micro-agressions peuvent vraiment faire des dégâts dans une relation, et, j’espère, inciter les gens à ne pas gaspiller leur temps comme mon père et moi, à créer des liens et à passer du temps ensemble.

Votre film aborde beaucoup de sujets brûlants, comme les violences policières et le racisme. Ça a dû être un projet chargé émotionnellement, comment vous êtes-vous senti une fois le film terminé, au moment de le partager avec le monde ?
Je crois que la plus grande difficulté du projet tenait au fait que le film était basé sur ma vraie vie. Les évènements décrits nous sont arrivés, à moi et mon père. Je n’avais pas pris conscience de l’ampleur de ma difficulté à gérer ce qui s’est passé ce jour-là, jusqu’au jour où nous avons tourné les scènes décrivant la violence policière et le racisme. Ça m’a atteint viscéralement. En plus, à cause de la pandémie, nos jours de tournage avaient été reportés, et nous nous sommes finalement retrouvés à tourner le film après les meurtres de George Floyd et d’Ahmaud Arbery. Ça a donné encore plus d’urgence et d’importance aux scènes. Les acteurs et les autres membres de l’équipe ont tous senti le poids du racisme ce jour-là, heureusement qu’on pouvait compter les uns sur les autres pour surmonter tout ça. J’espère aussi qu’un peu de toute cette peur et de toute cette angoisse s’est transférée au jeu des acteurs, dans cette scène qui décrit à quel point le racisme peut-être horrible et effrayant. On espérait que le produit final puisse aider à délier les paroles et à faire ce qu’il faut pour éviter que ce genre de situations ne continue à se reproduire.

Que pensez-vous avoir appris à travers la création du film ?
La plus grande leçon a été de croire en ma voix, en mon propre style cinématographique.  Je l’ai produit en école de cinéma, ce qui m’a valu beaucoup de remarques de camarades m’expliquant que telle ou telle chose ne marcherait pas, ou qu’il y avait trop de dialogue , etc.  J’ai vu tellement de films que j’aime utiliser des structures et des techniques similaires pour créer l’émotion que j’ai écouté mon instinct et m’en suis tenu à ce que j’avais prévu.  Je suis heureux d’avoir cru en ma voix intérieure, parce que ce qu’on voit à l’écran en est le fruit, et c’est gratifiant de voir le film faire écho. J’ai aussi appris à faire confiance en mes collaborateurs. Le cinéma est un sport d’équipe, et c’est un grand luxe que d’avoir des gens plus talentueux que soi-même à ses côtés, parce que c’est ce qui pousse le film à son plus haut niveau. J’ai appris à croire dans le talent de mes collègues, et je sais qu’ils assureront quoiqu’il advienne.

Y a-t-il un court métrage qui vous a particulièrement marqué ?
Short Term 12 de Destin Daniel Cretton et Pariah de Dee Rees ont été des influences capitales pour le film. Principalement parce qu’ils agissent comme des démonstrations de faisabilité, tout en tirant pleinement profit des caractéristiques du format même du court. Le co-scénariste et moi, nous nous en sommes fortement imprégnés au cours de l’écriture.

Selon vous, qu’est-ce qui fait un bon film ?
Pour moi, un bon film est tout ce qui peut transporter le public et lui faire ressentir quelque chose. Quel que soit ce ressenti : la colère, la tristesse, la frustration… C’est un film qui est capable de me laisser me perdre dans l’histoire et les personnages, de me faire oublier un instant où je suis et ressentir l’émotion, c’est ça un bon film selon mes critères.

Pour voir Mass Ave, rendez-vous aux séances de la compétition internationale I12.

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Dîner avec Die Geheimnisvollen Inseln (Îles dans la ville) https://clermont-filmfest.org/die-geheimnisvollen-inseln/ Tue, 25 Jan 2022 20:00:00 +0000 https://clermont-filmfest.org/?p=47427 Entretien avec Marian Freistühler, réalisateur de Die Geheimnisvollen Inseln (Îles dans la ville)

Est-ce que ce sont les confinements, et la pandémie de manière générale, qui vous ont poussé à faire un film qui parle de nostalgie et de solitude ?
Ça va sans doute paraître paradoxal, mais ce que j’ai observé à l’époque des premières mesures de distanciation sociale, c’était tout l’inverse de la solitude. Il y a eu une période de plusieurs semaines à Hambourg, au printemps 2020, où on n’avait le droit de se déplacer dans l’espace public qu’à deux maximum. J’allais m’asseoir au bord du fleuve presque tous les jours, pour bouquiner, et je voyais des couples partout ! Ces groupes de deux, tous semblables, mais isolés les uns des autres, n’avaient pas l’air déprimés ou stressés. Ils avaient l’air d’apprécier de pouvoir se recentrer l’un sur l’autre, de couper un peu de tout le reste. Du coup l’image que j’avais sous les yeux était assez ambivalente : même quand le monde touche à sa fin, les couchers de soleil restent terriblement romantiques. L’incertitude qui planait, quant à la direction que nos vies prenaient, avait également un certain attrait, et la pandémie, au départ, avait des airs d’aventure. C’était quelque chose dont on faisait tous l’expérience pour la première fois. J’ai eu envie de donner forme à ce sentiment ambivalent. Il est important pour moi que ce film ne soit pas un film triste et morne sur la nostalgie et la solitude. Mais qu’il ait de l’humour, qu’il soit coloré, qu’il rende hommage à ces aspirations insatisfaites en tant que capacité à se projeter. Presque comme un tube de pop. Et j’ai toujours adoré les chansons où les paroles les plus tristes sont interprétées d’une manière joyeuse, qui met de bonne humeur.

Dans la scène où le personnage principal partage une barre chocolatée avec un étranger, les deux hommes échouent manifestement à créer un lien. Pouvez-vous nous expliquer un peu ce que vous vouliez que cette rencontre symbolise ?
Ce n’est pas tellement une histoire de symboles. C’est plutôt quelque chose de très concret, très tangible : pour la première fois dans le film, un dialogue se produit. Deux personnes se trouvent l’une en face de l’autre et se parlent. À ce stade du film, il est possible qu’on ait déjà oublié que ce genre d’interaction puisse se faire. C’est ce que je veux dire quand je dis que c’est très tangible, présent. Un petit événement spécifique. Mais c’est vrai, bien sûr, que les paroles de ces deux hommes n’atteignent pas l’autre et qu’il y a un deuxième niveau de lecture. Que les attendus d’une rencontre sont contrariés. J’aime beaucoup les dialogues qui disent autre chose que les mots qui sont prononcés. J’ai voulu essayer d’en écrire un. Du coup, quand le protagoniste explique les différences entre les barres chocolatées, c’est évidemment autre chose qui se joue, en dehors de la question de quelle barre est la plus croustillante et pourquoi. Cependant, j’ai du mal à dire qu’il n’y a aucun lien qui se crée entre eux. Il est bien question de partage. L’espace d’un instant, ils ne sont plus seuls. Même si, au final, ils se quittent sans aller plus loin. Alors, oui, c’est un peu triste, mais j’espère que c’était quand même un moment sympa aussi. Et peut-être même un peu drôle. Le film dans son ensemble parle du fait qu’il peut être parfois plus sympa de se contenter d’imaginer les choses sans avoir à les réaliser au final.

Être à la fois acteur et réalisateur sur ce film, comment est-ce que ça s’est passé ?
J’ai fait ce film de manière très spontanée, très intime et empirique. Au début, je passais juste beaucoup de temps dehors avec la caméra, tout seul, à observer les gens et les choses, de manière un peu documentaire. J’ai commencé à monter quelques scènes et eu l’idée de nouvelles scènes que j’avais envie de voir. Mon désir d’avoir un protagoniste avec lequel je puisse jouer s’est renforcé. C’est comme si j’avais besoin d’une structure narrative claire qui puisse me servir de chemin dont je pourrais m’écarter à tout moment, pour faire un petit détour. Alors j’ai écrit un scénario, mais je le modifiais sans cesse, en cours de route. J’avais besoin d’un acteur qui serait constamment à ma disposition (sans me réclamer de rémunération) et vu comment je m’y prenais pour construire le film, je me suis très naturellement dirigé vers l’idée de jouer ce personnage moi-même. Je ne suis pas acteur, mais j’adore jouer. C’était marrant, franchement. Pas d’inquiétude, ceci dit, il n’est pas question que ça devienne une habitude.

Y a-t-il un court métrage qui vous a particulièrement marqué ? 
Je souhaite sauter cette question. Parce qu’il y en a trop et ça me gênerait de n’en choisir qu’un. Ou même deux ou trois. Même si c’est tentant. Je passe mon tour.

Selon vous, qu’est-ce qui fait un bon film ? 
Tout film qui n’essaie pas d’être un bon film. J’aime les films qui font preuve de vulnérabilité, qui sont pleins de doutes et d’incertitudes. Qui essaient de donner forme à une impression vague, qui accueillent l’ambiguïté à bras ouverts. Qui ne sont pas parfaits, pas professionnels, pas cools. Les films qui ne se prennent pas trop au sérieux, mais qui prennent les spectateurs au sérieux. Qui observent et écoutent attentivement, et donnent au public l’opportunité de faire la même chose. J’aime les films surprenants qui prennent des décisions fortes, des films qui ne veulent pas spécialement être compris. Les films qui invitent le public à vivre une expérience et qui permettent de vagabonder. J’aime les films qui traitent leurs personnages avec tendresse. Les films qui ont de l’humour, parce que l’humour est la manière la plus sympa de montrer qu’il y a toujours plusieurs points de vue sur un même sujet. J’aime les films qui proposent une alternative à notre réalité. Qui ne font pas semblant de reproduire la réalité, mais qui n’en sont pas non plus complètement détachés. Une vérité d’illusion, plutôt qu’une illusion de vérité.

Pour voir Die Geheimnisvollen Inseln (Îles dans la ville), rendez-vous aux séances de la compétition internationale I12.

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